Poésie : Le Chat
Le chat ouvrit les yeux,
Le soleil y entra.
Le chat ferma les yeux,
Le soleil y resta,Voilà pourquoi, le soir,
Quand le chat se réveille,
J’aperçois dans le noir
Deux morceaux de soleil.

Après les Chats en Vidéos, voici les Chats en Poèmes…
Nous vous proposons aujourd’hui des Poèmes sur les Chats pour Poèm’ À Nans…

Et tout d’abord des Poètes Figures de la Poésie …

Femme et chatte – Paul Verlaine
Elle jouait avec sa chatte,
Et c’était merveille de voir
La main blanche et la blanche patte
S’ébattre dans l’ombre du soir.
Elle cachait – la scélérate ! –
Sous ces mitaines de fil noir
Ses meurtriers ongles d’agate,
Coupants et clairs comme un rasoir.
L’autre aussi faisait la sucrée
Et rentrait sa griffe acérée,
Mais le diable n’y perdait rien…
Et dans le boudoir où, sonore,
Tintait son rire aérien,
Brillaient quatre points de phosphore.
Paul Verlaine
Poèmes Saturniens


A une chatte – Charles Cros
Chatte blanche, chatte sans tache,
Je te demande, dans ces vers,
Quel secret dort dans tes yeux verts,
Quel sarcasme sous ta moustache.
Tu nous lorgnes, pensant tout bas
Que nos fronts pâles, que nos lèvres
Déteintes en de folles fièvres,
Que nos yeux creux ne valent pas
Ton museau que ton nez termine,
Rose comme un bouton de sein,
Tes oreilles dont le dessin
Couronne fièrement ta mine.
Pourquoi cette sérénité ?
Aurais-tu la clé des problèmes
Qui nous font, frissonnants et blêmes,
Passer le printemps et l’été ?
Devant la mort qui nous menace,
Chats et gens, ton flair, plus subtil
Que notre savoir, te dit-il
Où va la beauté qui s’efface,
Où va la pensée, où s’en vont
Les défuntes splendeurs charnelles ?
Chatte, détourne tes prunelles ;
J’y trouve trop de noir au fond.
Charles Cros, Le coffret de santal


Chat – Paul Éluard
Pour ne poser qu’un doigt dessus
Le chat est bien trop grosse bête.
Sa queue rejoint sa tête,
Il tourne dans ce cercle
Et se répond à la caresse.
Mais, la nuit l’homme voit ses yeux
dont la pâleur est le seul don.
Ils sont trop gros pour qu’il les cache
Et trop lourds pour le vent perdu du rêve.
Quand le chat danse
C’est pour isoler sa prison
Et quand il pense
C’est jusqu’aux murs de ses yeux.
Paul Eluard, Les animaux et leurs hommes, les hommes et leurs animaux, 1920

Le Petit Chat – Edmond Rostand
C’est un petit chat noir effronté comme un page,
Je le laisse jouer sur ma table souvent.
Quelquefois il s’assied sans faire de tapage,
On dirait un joli presse-papier vivant.
Rien en lui, pas un poil de son velours ne bouge ;
Longtemps, il reste là, noir sur un feuillet blanc,
A ces minets tirant leur langue de drap rouge,
Qu’on fait pour essuyer les plumes, ressemblant.
Quand il s’amuse, il est extrêmement comique,
Pataud et gracieux, tel un ourson drôlet.
Souvent je m’accroupis pour suivre sa mimique
Quand on met devant lui la soucoupe de lait.
Tout d’abord de son nez délicat il le flaire,
La frôle, puis, à coups de langue très petits,
Il le happe ; et dès lors il est à son affaire
Et l’on entend, pendant qu’il boit, un clapotis.
Il boit, bougeant la queue et sans faire une pause,
Et ne relève enfin son joli museau plat
Que lorsqu’il a passé sa langue rêche et rose
Partout, bien proprement débarbouillé le plat.
Alors il se pourlèche un moment les moustaches,
Avec l’air étonné d’avoir déjà fini.
Et comme il s’aperçoit qu’il s’est fait quelques taches,
Il se lisse à nouveau, lustre son poil terni.
Ses yeux jaunes et bleus sont comme deux agates ;
Il les ferme à demi, parfois, en reniflant,
Se renverse, ayant pris son museau dans ses pattes,
Avec des airs de tigre étendu sur le flanc.
Edmond Rostand – 1890 Les Musardises


Alors maintenant en guise de transition…
Un poème proposé par Solem sur le Forum du site Les poetes.net :
» C’est bien de faire le ménage et de retrouver…. les p’tits chats….. »
Version québécoise
Trois p’tits chats, trois p’tits chats, trois p’tits chats, chats, chats,
Chapeau d’paille…
Paillasson…
Somnambule…
Bulletin…
Tintamarre…
Marabout…
Bout d’cigare…
Garde-fou…
Fou de rage…
Rage de dents…
Dentifrice…
Frise à plat…
Platonique…
Niqueterre…
Terrassier…
Scier du bois…
Boisson chaude…
Chaudière…
Hier au soir…
Soir d’hiver…
Vermifuge…
Fugitif…
Typhoïde…
Identique…
Tic nerveux…
Veuve de guerre…
Guerre de Troie …
Trois p’tits chats… »

Vous avez bien sûr reconnu la Figure de Style Poétique dans cette comptine enfantine, enfantine mais pas tant que ça en fait …
Alors, en chanson avec l’accent Québécois en vidéo ça donne:

La queue du chat – Dago
Elle se love en rond à l’heure de la sieste
Elle est serpent poilu qui se dresse et se tord
Ou jouet de folie qu’on pourchasse et qu’on mord.
Elle est balancier sur la branche traîtresse
La caresse rendue à la main qui caresse
Elle se fait souris pour les jeux du chaton
Ou se gonfle soudain ainsi qu’un gros bâton.
Elle marque la joie ou bien la méfiance
Elle est le métronome imposant sa cadence,
Au visage du maître à l’heure des mamours
Elle se fait moustache et collier tour à tour.
C’est le bouquet défait ou les poils sur la tarte
C’est le coup de mistral sur le château de cartes
C’est le pinceau soudain trempé dans l’encrier
Ou les pions abattus d’un coup sur l’échiquier.
C’est la mort assurée du verre de cristal
Le vase renversé aux pages du journal
Mais quand le chat s’en va elle a l’allure fière
D’un point d’exclamation sur son petit derrière !
Dago sur Lespoetes.net
À Suivre…



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