Un Art Poétique de la Simplicité…

Mon petit chat
J’ai un petit chat,
Petit comme ça.
Je l’appelle Orange.
Je ne sais pourquoi
Jamais il ne mange
Ni souris ni rat.
C’est un chat étrange
Aimant le nougat
Et le chocolat.
Mais c’est pour cela,
Dit tante Solange,
Qu’il ne grandit pas !

« Carême a longuement théorisé sa propre pratique, dans des entretiens et dans la préface de plusieurs recueils. Sa conviction centrale : la simplicité n’est pas un point de départ mais un point d’arrivée, le résultat d’un travail acharné de dépouillement. « J’ai mis toute ma vie, disait-il en substance, à apprendre à écrire simplement. » Cette phrase, souvent citée par ses commentateurs, résume une exigence esthétique exactement inverse de l’image d’Épinal du poète « facile ».
Techniquement, cette simplicité repose sur une versification d’une précision d’horloger : chaque syllabe compte, chaque rime est choisie non pour sa richesse sonore ostentatoire mais pour sa justesse. Carême évite systématiquement le vocabulaire savant, les tournures syntaxiques complexes, les références culturelles qui excluraient un jeune lecteur — sans jamais pour autant renoncer à la profondeur du propos. C’est cette tension résolue, entre accessibilité et exigence, qui constitue sa signature stylistique la plus reconnaissable, et qui explique pourquoi ses poèmes résistent si bien à la relecture adulte : on y découvre, à chaque nouvelle lecture, une couche de sens que l’enfance n’avait pas su nommer mais avait déjà ressentie… »
[…]
Source : https://www.aujourdhui-poeme.fr/maurice-careme/

C’était un poème de Maurice Carême ce matin sur Poèm’ À Nans :




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