À la poursuite du présent (…)

À la poursuite du présent (…)


Un poème de Matthieu Dornier dans notre Pépinière Poétique du Lison pour « Lecturbulences à Nans sous Sainte Anne…

Mêê…le nous un poème…


À la poursuite du Présent

Je circule en la forêt comme en mes propres entrailles
Au fond de la vallée emporté par les courants organiques.
Les regards familiers,oui
Les présences
Bienveillantes
À la fois plus jeunes et plus vieilles
Qui m’englobent, avec toute leur retenue.

Le long de mes pensées descend en ces lieux symbolique et mythiques que
j’affectionne, qui sont moi

L’un de ces points névralgiques de la Terre où surabonde une vie hors du
commun

Et le tumulte du torrent qui va se déverser dans les profondeurs en rythmes
multiples me rappelle à ses rives

Les trombes d’eau en cascades se succèdent
Et tombent du haut de leurs cirques,
D’estrade en estrade,
Au fil de l’écoulement hypnotique
Ponctué d’intermèdes du souffle du vent,
Qui s’y confondent et s’y substituent
En de rythmiques prolongements,
À travers les arbres parmi lesquels ils se perdent.

Le même fil unit les différentes perles d’un collier

Stoppée net dans son immersion pulmonaire
Depuis son frêle corps avec majesté
La conscience admire du haut de falaises titanesques
Dominant la vallée encaissée
Le site préhistorique qui au fil des éons automatiquement recharge
Son énergie époustouflante.
Les nuages se dilatent à en supprimer toute distance d’avec la rétine
Et réveillent le rêveur du mirage du réel


Terre est Ciel

Du crépuscule automnal le regard attendri
Enlace l’entier cirque géologique
Lequel absorbe en sa mémoire tout l’Amour
Et de ses loupes en retour affectueusement réverbère
Cette palette si précieuse.
Branches et feuilles à hauteur
Comme circuits imprimés
— Duplications et reflets
D’infinies forêts d’hologrammes mouvants

Je suis le visage serein de l’Univers

Le bois
Cette couleur si profonde
Si solide
De terre
Le refuge
Presque nuit
Repos
Et pourtant comme la lumière lointaine vient le percuter
Et rebondir dessus
Éclaboussante
Pour se disperser en geyser flamboyant
Avec sa toujours première vigueur
Pure et puissante !
Alors miroite-t-il la chaleur de son propre cœur
— Talisman bien vivant et intact,
Prisme sublime,
D’eau et de feu
Dans les liens invisibles avec l’arc-en-ciel bruyant, là-bas

Et ne puis rester sourd aux crissements du temps qui s’espace

Outre-mesure se prolonge l’Instant

Fixe est l’attention entre chaque goutte au vertige rugissant de
la cataracte

Particule

Pure et puissante !

Pure et puissante !

Pure et puissante !

Pure et puissante !

MATTHIEU DORNIER




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