
Un poème de Jean-Pierre Villebramar pour « Poèm’ À Nans« …

Improvisation…
à M…
Écrire pour son simple plaisir, écrire sans penser au regard, au regard des autres, écrire comme coule un ruisseau, et comme lui se laisser descendre vers la mer
écrire pour moi aussi longtemps qu’il y aura une douleur dans le monde une femme à aimer à regarder statue de sel mais ni regrets ni larme
écrire sans se demander comment sera demain ni si mes vers font quatre ou six ou douze pieds sur ou sous terre écrire comme une improvisation comme faisait Glenn Gould de Jean
Sébastien
Bach écrire comme sur son piano Yamaha avec ses doigts d’ours, écrire avec mes doigts de vivant, et lui, jouer encore avec ses doigts de musicien mort
dire à la page blanche, lui dire quoi ? rien de bien grave, page, page blanche c’est seulement un ruisseau qui coule et moi avec mes doigts de vivant , Glenn Gould avec ses doigts de musicien mort
écrire enfin en pensant à toi et comme j’ai aimé combien combien et follement je t’ai aimée avec l’espoir fou de rentrer dans ton corps corps et âme rentrer rentrer pour plus jamais n’en ressortir
écrire alors que courent les minutes de la nuit, et ce ruisseau, personne ne le voit couler vers la mer, comme personne ne m’a vu t’aimer dans tous les ports du monde dans les pays où jamais nous ne fûmes sinon en rêve sinon en rêve sinon en rêve vaisseau fantôme port fantôme poème fantôme
t’aimer comme coule un ruisseau et comme lui descendre vers la
mer la mer comme un poème improvisé
improvisé
Villebramar
Jeux Floraux 2021 Toulouse
Improvisation lu par Clémentine Couic :
Et Glenn Gould…



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