Un poème de Jean-Pierre Villebramar
Illustré par Luna à la façon de Salvador Dali pour Poèm’ À Nans…
Le chant du coq vient réveiller un monde où la poésie s’écrit, s’efface, se transforme… jusqu’à disparaître.

Chant du coq
La poésie se lit les yeux clos
S’écoute dans le silence du sommeil
Se vit dans les battements de ton cœur.
Elle s’écrit sur les murs de cavernes anciennes, témoignage
de l’angoisse des premiers temps.
S’enroule sur la crête de très hautes vagues,
retombe à l’approche des brisants.
La poésie s’écrit.
La poésie s’écrit sur le sable.
La poésie est le sable même, la poésie est Nous.
N’en restera que la plage, en fin.
La poésie ne s’écrit pas.
Entre les pages de l’herbier,
une fleur a perdu le souffle, et les pétales, leur couleur.
Ainsi est le poème.
Non, la poésie ne s’écrit pas.
Tenez sa main si le pouvez, mais n’espérez rien.
Ne dites mot.
Car les esprits de la poésie et ceux de la forêt sont les mêmes :
ils disparaissent au premier chant du coq.
Villebramar 2016
Si vous voulez lire le poème en écoutant une musique ou le dire pour vous-même à voix haute nous vous suggérons :
Le poème enregistré par Alain l.
Et une autre illustration du poème par Luna avec ce que je vois par la fenêtre de ma chambre le matin… mais sans le coq et cette fois à la façon de M….. ?
Réponse :
Voilà, Alain ! 😊 Cette fois, j’ai choisi une interprétation en papiers découpés, dans l’esprit de Matisse, avec des aplats de couleurs franches.




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