Un poème de Jean-Pierre Villebramar pour Poèm’ À Nans…

Lettre à Saint Pierre
à la manière de François Villon
Aux jours heureux où tout me souriait,
Je n’ai pas su te rendre ce sourire.
Frères et Sœurs, ô vous qui tant m’aimez,
Laissez-moi vivre.
La Vie, la Mort, voilà d’étranges choses,
Bien des savants chenus s’y sont frottés,
Bien des épines parmi les champs de roses,
Laissez-moi vivre.
Toi, mon amour, mon amie, ma secrète,
Point n’est de jours où je ne pense à toi!
Vous, Souvenirs que je ne saurais dire,
Laissez-moi vivre!
Un jour viendra où notre Grand Saint Pierre,
En son Grand Livre voudra m’enregistrer.
Frères et Sœurs, ô vous qui tant m’aimez,
Dites-lui bien quel est votre souhait:
Laissez-le vivre!
Envoi.
Aux jours heureux où tout me souriait,
De Vie, de Mort, point ne me souciai.
Le Temps qui fuit un jour m’a rattrapé.
Frères et Sœurs, ô vous qui tant m’aimez,
Dites-lui bien, dites-lui s’il vous plaît:
Laissez-le vivre!

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