Le Diable dans le Paradis (…)

Le Diable dans le  Paradis (…)

Aussi vrai que je vous le dis, Monsieur Curé tressauta en voyant la tête du bouc, il crut aussi que c’était le diable, hein.

Ha foi, Monsieur Curé se mit à prier, à prier, et puis à jeter de l’eau bénite sur le bouc en veux-tu n’en voilà, du temps que le maître répondait abrenontio.
Mais ce n’est pas tout. II vous faut croire qu’à mesure que l’eau bénite lui tombait dessur le mour, ce mâtin de bouc, qui crevait de soif, se lichait les babouines sans bouger ni pied ni patte, c’était une pierre qui allait trop bien dessur sa faux.

Monsieur Curé n’en revenait pas, il en suait les grosses gouttes. — Allons, qu’il dit, Monsieur le maître, donnez-moi le cierge pascal, nous avons affaire au père des démons.

Voilà que Monsieur Curé s’approcha du bouc et puis qui se mit à lui en laisser couler des gouttes par dessus le mour.
Ah ! mes enfants, qu’est-ce qu’il eut fait ! Le bouc qui croyait que c’était toujours de l’eau bénite, tira la langue pour licher. Tout pour un coup le voilà qui donna un braillement sans pareil en sautant comme le tonnerre à l’avallée du paradis, et puis en se fourrant entre les jambes de Monsieur Curé !

Ce pauvre Monsieur Curé en perdit la tête sur le coup, il attrapa les cornes du bouc, et puis le voilà parti dessus à travers l’église.

Abrenuntio ! abrenuntio! Monsieur le maître, dites abrenuntio! le diable m’emporte dans les enfers. Le maître fuyait prou par derrière en disant ce qu’il pouvait, mais cela n’y faisait pas plus que des choux dessus de la soupe, vous n’avez que de voir.

Ah ma foi, heureusement qu’en passant dessous les cloches, Monsieur curé eut le sné d’attraper la corde d’une cloche , de telle sorte qu’il demeura pendu d’après du temps que le bouc se sauvait. Mais ce mâtin de bouc n’alla pas loin, il s’arrêta devant la porte de l’église à la lune, si bien que tout d’un coup le curé et puis le maître reconnurent le bouc de Claudot !

Il n’est pas de vous dire ce qu’ils rirent en s’essuyant !

…. N’empêche qu’ils s’en revinrent comme des chiens qu’on leur aurait coupé la queue, et puis qu’on n’en aurait jamais rien su si la femme du maître et puis la Claudine ne l’avaient pas raconté à l’oreille à la fontaine, aux femmes du village. Eh bien, mes enfants, n’en voilà une, hein, qu’est-ce que vous en dites ?

 

( FIN …

Si vous voulez lire le conte en écoutant une musique ou, pourquoi pas… le dire pour vous-même à voix haute nous vous suggérons :

« Le Diable dans le Paradis » est publié en préalable à :

C’est quoi « Lecturbulences à Nans « … ?

Bientôt plus d’explications… et le conte mis en voix en Français et peut-être en Patois dès que nous aurons trouvé une voix pour le dire avant Mars 2027.
Alors si vous êtes volontaire pour cela, n’hésitez pas à vous faire connaître

« Tic Toc Suspenso » par Slicebeats sur Pixabay


Mais si nous ne trouvons pas, vous connaissez l’histoire de The Wise Little Hen ?

Photo de Kerin Gedge sur Unsplash

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