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Rentrant dans la vallée la praierie verdoyante
Et ces côtaux couverts de richesses naissantes,
Annoncent un printemps favori de l’amour,
Dont la jeune fille attendait le retour.
Bacchus, de son côté voit pousser cette tige,
Qui fait vivre d’espoir le brave vigneron.
Le laboureur joyeux dans ces rians paysages,
A repris ses travaux, la charrue ses sillons.
Flore et Pomone aussi, répandent l’abondance
Dans ces charmants vergers, des meilleurs de la France.
Ces anciens peupliers qui bordent la rivière,
Entourant le château d’une riche héritière
Annoncent la gaieté d’un si riant séjour;
Mais hélas ! Dans ces lieux le malheur eut son tour !
Quoi qu’il en soit Frennet, ton jardin et tes pleurs;
Ta fontaine gothique et tes saules-pleureurs;
Ta grotte et tes bosquets sont un suave asile,
Où l’on vit content, libre, joyeux, tranquille.
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Mais quittons le village, élevons nos regards;
D’un aurore brillant attendons le retour.
Phébus rempli de gloire approche sur son char,
Dans nos rians vallons apparaît un beau jour.
Voyez devant vos yeux la belle piramyde,
Que posa de sa main le créateur du monde.
Sa tête dans les nues, plus ancienne qu’Ovide,
Planne sur l’horizon de vingt lieues à la ronde.
Du haut de ce rocher l’on salue le mont blanc
Qu’un enfer de sapins nous cache dans ses flancs.
Il paraît de son front au Caucase pareil,
Empêcher le retour des rayons du soleil.
Et lorsque l’hiver annonce ses frimas,
C’est toujours sur ce mont qu’apparait le verglas.
Ce pic, c’est Montmahoux, rappelé dans l’histoire
Par les faits dont elle a conservé la mémoire :
Un seigneur sur ce point avait un château fort
Au temps où s’exerçait la raison du plus fort.
Ce seigneur ressemblant à ce loup de la fable
Du pauvre laboureur dévorait les agneaux.
La Dîme se payait à ce grand redoutable,
Qui d’un vil esclavage étouffait ses vassaux.
Aujourd’hui les débris de ce lugubre asile,
Prouvent que la vengeance en ce lieu fut terrible.
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Au pied du Montmahoux, par un soleil d’automne
Voyez le Périllet aux bocages dorés.
Ces rochers escarpés qui forment sa couronne
Semblent des blocs d’argent dont ce mont est paré.
Du pied de ces rochers inaccessibles aux hommes
Remarquez s’élever le fameux Montrichard.
Des moines, de ce nom (la méthode était bonne),
S’établirent jadis sur ces vastes remparts.
Ô pèlerins pieux ! Vous qui quittez ce monde,
Et qui vous enfoncez dans le fond des déserts,
Si Dieu des Montrichards, les prières féconde,
Pourquoi vous éloigner ainsi de l’univers ?
Cherchez, c’est mon avis, des endroits moins austères
Pour adresser vos vœux au Dieu de tous les lieux.
Venez, rebâtissez les mûrs du monastère,
Que l’impie détruisit en des jours ténébreux.
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Sous le roc Montrichard que je viens de dépeindre
On peut voir s’entrouvrir un antre ténébreux :
Par un temps sec et beau, venez sans rien y craindre
Admirer les beautés que renferme ce lieu.
De cette vaste salle, contemplez- en la voûte,
Qui forme en son sein de lugubres échos;
Le tapis en terreau vous charmera sans doute,
Ainsi que dans le fond ce vaste bassin d’eau.
Mais si dans l’horizon vous entendez l’orage,
Si la pluie à grands flots tombe sur nos côtaux;
Hâtez vous de quitter cet asile sauvage,
Vous seriez avant peu entrainé par les eaux :
Car, comme un furieux, le Verneau qui s’élance
Et se brise en tombant de rocher en rocher,
Nous parait de Neptune annoncer la puissance
Et répéter le bruit de l’orage passé.
Mais pour bien admirer la superbe cascade
Que forme le Verneau alors en cet endroit,
Remontez quelques pas, ici comme une estrade,
Les rochers de la Baume vous ouvrent leur parquet.
Il me souvient ici, qu’aux jours de mon jeune âge,
J’y venais folâtrer avec maint compagnon;
Imitant le chamois sur son rocher sauvage,
On nous voyait gravir et descendre d’un bond.
Aujourd’hui quelquefois, dans mes loisirs champêtres,
En revoyant ces lieux mon cœur semble renaître.
Souvent je viens m’asseoir sur ces roches éternelles
Qu’envierait d’un grand cœur la reine la plus belle.
Que ce séjour est beau ! Quel charmant paysage !
L’on y peut d’un coup d’œil, planner sur le village.
Qui visite ces lieux promet d’y revenir
Et d’en garder toujours le charmant souvenir.


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