Et si nous commencions par une vidéo du Groupe Russe Arbat : Welcome in Tziganie
Enchaînons tout naturellement avec des extrait d’un poème d’Alexandre Pouchkine : Les Tziganes
Les Tziganes – Alexandre Pouchkine:
[…]
Entre les roues des chariots,
Mal drapés de tapis vétustes,
Brillent les feux. Chaque famille
Cuit sa soupe. Des chevaux paissent
Dans les champs ; derrière une tente,
Se vautre un ours apprivoisé.
La steppe s’anime aux travaux
De la tribu qui se prépare
A repartir dès le matin.
Chants des femmes, cris des enfants,
Tintement du fer sur l’enclume.
Mais le silence du sommeil
S’étale bientôt sur la horde.
Et l’on n’entend plus dans la plaine
Qu’un cheval qui hennit, qu’un chien
Qui hurle au loin ; les feux s’éteignent.
Tout dort. Du haut d’un ciel serein,
La lune lumineuse éclaire
Le campement silencieux…
[…]
Dévale à travers le désert.
Les ânes, dans de grands paniers
Transportent des enfants joueurs.
Maris et frères, femmes, filles,
Jeunes et vieux, refrains tziganes,
Grognements de l’ours, cliquetis
De ses chaînes impatientes,
Couleurs criardes des haillons,
Enfants, aïeuls déguenillés,
Chiens qui hurlent, chiens qui aboient,
Ronflement de la cornemuse,
Grincement des lourds chariots,
Tout est pauvre, brisé, sauvage,
Mais si instable, si vivant…..
Alexandre Pouchkine (Les tziganes, traduction d’Henri Troyat)
Source : Blog Cocomagnanville
Die drei Zigeuner – Nikolaus Lenau:
( ✍ : Original )
Drei Zigeuner fand ich einmal
Liegen auf einer Weide,
Als mein Fuhrwerk mit müder Qual
Schlich durch die sandige Heide.
Hielt der eine für sich allein
In den Händen die Fiedel,
Spielte, umglüht vom Abendschein,
Sich ein feuriges Liedel.
Hielt der zweite die Pfeif im Mund,
Blickte nach seinem Rauche
Froh, als ob er vom Erdenrund
Nichts zum Glücke mehr gebrauche.
Und der dritte behaglich schlief,
Und sein Zimbal am Baum hing,
Über die Saiten der Windhauch lief,
Über sein Herz ein Traum ging.
An den Kleidern trugen die drei
Löcher und bunte Flicken,
Aber sie boten trotzig frei
Spott den Erdengeschicken.
Dreifach haben sie mir gezeigt,
Wenn das Leben uns nachtet,
Wie man’s verraucht, verschläft und vergeigt
Und es dreimal verachtet.
Nach den Zigeunern lang noch schaun
Mußt’ ich im Weiterfahren,
Nach den Gesichtern dunkelbraun,
Den schwarzlockigen Haaren.
Nikolaus Lenau (1802-1850)
1838 – Sämtlichen Werke, 1855
Source : Poètes d’hier et de jadis
( ✍ : Traduction Claude I.A )
Les trois Tziganes
Trois Tziganes, un jour, je vis
Couchés au bord d’une saulaie,
Tandis que mon fardier, transi,
Se traînait par la lande sablonneuse.
L’un d’eux, à l’écart des autres,
Tenait le violon entre ses mains,
Jouait, nimbé des feux du soir,
Un air fougueux et sans chagrin.
Le second gardait sa pipe en bouche,
Suivait des yeux sa fumée,
Content, comme si de ce monde
Rien d’autre au bonheur ne lui manquait.
Et le troisième dormait, paisible,
Son cymbalum pendu à l’arbre ;
Sur les cordes glissait un souffle,
Sur son cœur passait un rêve.
Leurs habits, à tous les trois,
Portaient trous et pièces bigarrées,
Mais ils offraient, fiers et libres,
Leur mépris au sort de ce monde.
Trois fois ils m’ont ainsi montré,
Quand la vie sur nous se fait nuit,
Comment la fumer, la dormir, la jouer au violon,
Et la mépriser trois fois plutôt qu’une.
Longtemps encore, en poursuivant ma route,
Je dus regarder ces Tziganes,
Ces visages au teint hâlé,
Ces cheveux noirs et bouclés.
Traduction Claude I.A Une remarque sur un mot : vergeigt (littéralement « la jouer au violon », de Geige) est un jeu de mots intraduisible tel quel — il fait écho à verraucht (la fumer) et verschläft (la dormir), les trois activités des trois Tziganes. J’ai gardé l’image plutôt que de la lisser en un simple « la vivre en musique ».
Chanson tzigane – Claude Lachapelle:
Dansant tout l’été en égayant mes nuits folles,
Elle sautait comme mille biches frivoles
En une arabesque sous un ciel étoilé.
La manouche dansait à visage voilé,
Dansant tout l’été en égayant mes nuits folles.
Ses yeux noirs espagnols m’invitant à la danse,
De dièse en bémol, exaltaient son audience
Aux gaietés des flonflons sous un rythme argenté.
La manouche chantait en écho enchanté,
Ses yeux noirs espagnols m’invitant à la danse.
Et la Carmen parfois, je la voyais en pleurs
Quand sa voix de tzigane annonçant ses malheurs
Criait des larmes aux sons des «olé olé».
La manouche pleurait un soupir désolé
Et la Carmen parfois, je la voyais en pleurs.
Son cœur de gitane cherchant le grand amour
Quand elle aimait «ola» elle aimait pour toujours;
Hélas, ce bel amour ne fut pas consommé.
La manouche adorait le sauveur enflammé,
Son cœur de gitane cherchant le grand amour.
Âme vagabonde cachant bien sa souffrance;
Pieuse pour Sainte-Anne et dévote à outrance,
Elle a vu l’amour en Jésus immaculé.
La manouche priait son Messie adulé;
Âme vagabonde cachant bien sa souffrance.
Tous droits réservés © Poème posté le 27/09/2016 sur les poetes.net (modifié le 17/09/2026) par Claudel et publié ici avec son autorisation
« Certains poèmes ont été découverts avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle, notamment pour les traductions et les recherches…


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Pour en respecter l’empreinte écologique cet article a été rédigé sur plusieurs pages…



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